Cette œuvre numérique résulte d’un mélange de photographies de racines de banian, de branches d’arbres morts en bord de mer et de croquis rapides réalisés d’après modèle vivant. La correspondance entre les lignes nerveuses et tortueuses des croquis et celles des racines, qui esquissent presque des formes organiques, illustre à quel point nous sommes enracinés dans cette nature en péril. Ces lignes, métaphores de nos racines, agissent comme des têtes chercheuses, interrogeant notre origine et notre devenir. Sur tous les montages photographiques, c’est la même modèle, alors enceinte, qui apparaît, symbolisant encore davantage nos racines, à la fois au sens propre et au sens figuré.
Cette œuvre est issue de ma dernière exposition, « Empreintes et Territoires glissants », qui fait écho à la fois à la technique d’impression que j’utilise et à la transformation des cartes marines servant de support. Elle symbolise l’empreinte de l’homme sur notre planète et les mutations qu’il y impose. La linogravure des deux dauphins en miroir, inspirée de l’art inuit, crée un motif ambivalent, pouvant être lu comme un bassin anatomique ou géographique. La perle noire incarne le ventre, tandis que les fils suspendus évoquent des racines, en résonance avec mon travail photographique présenté dans la section Grandes Œuvres. L’ensemble renvoie également aux bijoux-plastrons océaniens, qui, au-delà de leur fonction ornementale, servaient de monnaie d’échange lors de grands événements, tels que les naissances.